Hontes nocturnes

Eh non, l’Oursonne ne fait toujours pas ses nuits… A mesure que le problème persiste, je souffre de plus en plus, et pas seulement du manque de sommeil. Je l’avoue, les nuits de mon bébé me font carrément honte.

Barbara Firth et Martin Waddell - Tu ne dors pas, petit ours ?
Barbara Firth et Martin Waddell – Tu ne dors pas, petit ours ?

J’ai honte d’en parler. Pire : j’ai maintenant presque honte de parler tout court aux autres mamans, au cas où la conversation dévierait vers le sommeil. Les premiers mois, quand on me demandait si mon bébé faisait ses nuits, je sentais que j’avais le droit de répondre « non », et que même s’il y aurait toujours quelqu’un pour me rappeler que tel bébé dormait 12 heures d’affilée dès son retour de la maternité, je pouvais me plaindre avec l’assurance d’être réconfortée. Cinq mois après la naissance, il me semble que la réponse attendue est « oui », et que le jugement est sans appel. Ma fille dort mal : c’est ma faute.

Je culpabilise de toute façon, avec ou sans l’aide des autres. Je passe toutes mes journées avec ma fille: c’est donc moi qui n’arrive pas à lui donner un rythme structurant. Je suis la seule à l’endormir le soir, au sein, et à me relever la nuit pour faire la même chose : c’est moi qui ai créé (ou maintenu en tout cas) l’association tétée-dodo. C’est aussi moi qui m’applique à respecter un rituel de coucher, mais les effets bénéfiques sont pour l’instant limités, alors je ne peux pas m’en consoler.

Je suis vexée et déçue parce que la situation me donne tort. Pendant tous ces mois, je n’ai pas voulu écouter tous ceux qui me disaient de laisser ma fille pleurer, que satisfaire tous ses besoins allaient la gâter. Sans l’avoir prémédité, j’ai proximal-materné à fond. Oui, je voulais satisfaire tous les besoins de mon bébé. Cela me semblait une évidence puisqu’elle était trop petite pour faire quoi que ce soit seule. Je voulais que ma fille soit convaincue que je serais toujours là pour elle, qu’elle soit apaisée et rassurée. Je me suis accrochée aux écrits d’Edwige Antier, de Boris Cyrulnik. J’y croyais, et aujourd’hui je vois que ma fille n’arrive pas (encore ?) à se rassurer seule et j’ai l’impression d’avoir loupé quelque chose.

J’ai honte d’avoir laissé ma fille pleurer. Parce que je suis de plus en plus fatiguée et de plus en plus pressée de trouver une solution, j’ai laissé mon bébé pleurer, « pour voir ». En pleine nuit, à 3h du matin. L’Oursonne ne hurlait pas, mais elle a pleuré sans s’arrêter pendant 1h20. Je suis intervenue deux fois, pour lui parler en restant sur le pas de la porte. Le reste du temps, j’ai fixé l’heure sur la Freebox et lutté pour ne pas pleurer, en me répétant en boucle la phrase de Cyrulnik qui me hante depuis que ma fille est née : « la seule chose qu’on apprend à un bébé qu’on laisse pleurer, c’est le désespoir. ». Et finalement je l’ai calmée au sein car je ne voyais pas comment elle allait s’arrêter toute seule. Elle a eu la voix cassée pendant trois jours et chacun de ses petits bruits me rappelait cette nuit de l’enfer et me faisait me sentir incompétente et coupable.

Je n’ai pas baissé les bras. Pas tout le temps, en tout cas. Depuis dix jours, j’ai renoncé à choisir entre l’école Pernoud et la méthode Antier (dilemme dont je parlais ici), et trouvé une troisième voie en la personne d’Elizabeth Pantley, auteur du livre Un sommeil paisible et sans pleurs. Bilan ? Pas de quoi sauter au plafond, mais quelques progrès déjà : les siestes en journée se sont allongées, et en dix jours il y a eu deux nuits avec un seul réveil (on tourne autour de trois pour les autres). Il faut être patient, mais… c’est dur !!!

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10 commentaires sur « Hontes nocturnes »

  1. Moi aussi j’appréhende la fameuse question ‘alors il dort?’ et il a 10 mois… et toujours des nuits de merde! Lui, je pense qu’il n arrive pas à enchaîner les cycles et à besoin du sein pour se rendormir. Mais si je le lui refuse c’est l’horreur et je dors encore moins. Mais ça devient dur dur, quand même. Bon courage, il paraît qu’un jour, ça passe.

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  2. J’ai tiré exactement les mêmes conclusions que toi… Et comme je prévois de la sevrer totalement avant la fin de l’été ça me fait une pression supplémentaire pour l’aider à s’endormir sans téter !

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    1. Alors moi la question du sevrage de nuit m’angoisse carrément, quand je vois comment il a réagi les fois où j’ai tenté de refuser… je ne sais pas comment je vais faire, du coup je repousse le moment, tu nous raconteras!

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  3. Les gens trouveront toujours à redire quoi qu’on fasse! toi seule sait ce qui est bon pour ton bébé, si tu te sens mal à la laisser pleurer alors ne le fais pas, un bébé a besoin d’être rassurer, et si une tétée l’aide à s’apaiser pourquoi on lui refuserait? à son âge il n’y a pas de caprice, tu n’as pas à culpabiliser, tu essaie, tu tâtonnes mais tu trouveras forcement une solution, il faut se faire confiance, mon bébé a fait ses nuits de 2 à 6 mois, de 6 mois à 8 mois il s’est réveillé plusieurs fois par nuit parfois pendant deux heures, la solution a été de le prendre avec nous dans le lit pour le calmer, et là il va sur ses 9 mois et il redort toute la nuit seul dans son lit! comme quoi, je ne pense pas qu’on leur donne des mauvaises habitudes mais plutôt ils savent qu’ils peuvent compter sur nous quoi qu’il arrive! bon courage en tout cas et suis ce que ton cœur dicte!

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  4. Il y aura toujours quelqu’un pour te culpabiliser … ici, les nuits se sont amélioré à 6 mois, avec le sevrage … et l’acceptation de la tétine. maintenant, il y a entre 1 et 4 réveils de quelques minutes, le temps de redonner la tétine … d’un autre coté, j’ai « cédé » à la facilité et lui ai donner une tétine !!
    La première question, c’est : est-ce que l’oursonne a déjà réussi à sauter la tétée nocturne? Mon FeuFolet a fait sa première nuit à 2 mois, mais j’ai continué à lui proposer le sein la nuit jusqu’à 5 mois où épuisée et sachant qu’il pouvait s’en passer, j’ai arrêter … ça n’a pas améliorer nos nuit (au contraire, puisqu’il fallait maintenant le bercer pendant 2h pour le rendormir) mais je n’avais plus la culpabilité du « c’est de ma faute s’il dort pas »
    Chez nous, le plus dur, c’était l’endormissement, j’ai essayer, les rituels, le laisser pleurer, etc. jusqu’à 6 mois on ne réussissait à l’endormir qu’en le berçant dans son transat, autant te dire que je culpabilisais à mort sur les mauvaises habitudes que nous lui donnions … et finalement, comme toujours, c’est lui qui à décider de quand il a accepté le biberon et avec la tétine, qui lui apporte le réconfort nécessaire à son endormissement.

    Bref, bon courage dans cet exercice difficile qui consiste à leur donner suffisamment confiance en eux et en nous pour dormir seul sereinement 😉

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  5. Bonjour Weena, merci pour ton message ! L’Oursonne dort parfois 5 ou 6 heures d’affilée, mais elle n’a jamais sauté la tétée nocturne au final. Je lui ai proposé plusieurs fois la tétine mais elle la recrache à chaque fois avec une petite toux genre « c’est quoi ce truc qui m’étouffe ?! ».

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    1. Sache que médicalement, l’oursonne fait ses nuits si elle tiens 6h entre deux repas … c’est juste qu’elle n’est pas caler sur un rythme « socialement acceptable », aka minuit – 6h, mais peut-être du 21h – 3h / 3h – 8h ?
      Tout ça pour dire qu’elle est sur la bonne voies 🙂

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  6. Ma grande fille de 10 ans a commencé à faire de vraies bonnes nuits à deux ans…. Par contre là mon bébé a fait de bonnes longues nuits à un mois et demi (mais attention il y a des semaines galères et d’autres géniales) et pourtant j’ai fait la même chose pour mes deux bébés: je ne les ai pas laissé pleurer, je les prenais contre moi pour les rassurer… Les nourrissais si elles en avaient envie… (J’écris à l’imparfait mais c’est encore le cas pour mon bébé de 7 mois)… Le sommeil des enfants c’est difficile.. C’est tout un long apprentissage avec des hauts et des bas. Des rechutes vers 3 ans et d’autres encore vers 10 ans… Je suis directrice d’école maternelle, et c’est un des sujets de conversation favoris entre mes mamans et entre mes mamans et moi. C’est LE sujet, avec celui de l’alimentation…. Alors vraiment pas de quoi avoir honte! Et si certaines te prennent de haut, c’est vraiment pas net, crois-moi! Bon courage, ce qui est sûr c’est que le manque de sommeil est difficile à vivre même si tout à fait normal… D’ailleurs si c’était si évident que tous les bébés dormaient, personne ne te poserait la question…. Bon courage… Et bonne nuit 😉

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