Récit d’un allaitement réussi

J’allaite encore partiellement l’Oursonne, qui a sept mois et demi. A force de lire les récits de mamans blogueuses qui n’ont pas pu mener leur allaitement comme elles en avaient envie, je mesure ma chance de le faire depuis plusieurs mois avec plaisir et facilité. Pourtant, en dehors de ma motivation, rien ne laissait présager, au démarrage, que les choses se passeraient si bien. Oui, j’ai eu des crevasses, j’ai tiré mon lait pour donner des biberons de complément. Futures ou jeunes mamans allaitantes, si vous cherchez un (long !) témoignage rassurant, c’est par ici :

waitingbearChapitre 1 : avant l’accouchement

Au début de ma grossesse, j’étais assez partagée sur la question de l’allaitement. J’avais en tête les « pour » : recommandations de l’OMS, gros boost des défenses immunitaires, prévention des allergies. Je ne voyais d’ailleurs pas trop le côté pratique parce que je n’imaginais pas la logistique nécessaire pour préparer et nettoyer des biberons d’une part, et aussi parce que je pensais que je serais bien trop gênée pour allaiter en public. C’était pour moi un premier inconvénient. Les autres « contre » qui me freinaient : ne pas partager cette tâche avec le papa, ne pas pouvoir confier son bébé les premiers mois. Je comptais autour de moi deux amies qui avaient accouché depuis quelques mois. Toutes les deux avaient choisi d’allaiter. L’une d’elles a abandonné après quelques jours avec beaucoup de soulagement ; et l’autre a allaité pendant quatre mois avec beaucoup de plaisir. Deux expériences très différentes, donc.

Vers le milieu de ma grossesse, je me suis penchée davantage sur le sujet et j’ai lu un livre de la Leche League. Ça m’a carrément refroidie. J’ai trouvé le livre moralisateur, limite réac. Il traitait de plein d’autres sujets touchant à la maternité, comme si allaiter impliquait d’adhérer à une doctrine complète de maternage. Je ne me retrouvais pas du tout dans les témoignages de mères qui me semblaient vivre dans un monde parallèle de hippies. Moi je voulais simplement faire un choix sur l’alimentation de mon enfant, pas un choix militant ! En parallèle, j’avais commencé les cours de la préparation de la maternité dans laquelle je devais accoucher, les Diaconesses, à Paris. L’établissement est ouvertement pro-allaitement. La sage femme nous a prévenues lors du premier cours : le cours sur l’alimentation du nouveau-né n’aborde que l’allaitement. Si on a déjà choisi le biberon, c’est pas la peine de venir ! Comme je n’étais pas encore fixée… j’y suis allée !

Rétrospectivement, je peux dire que c’est sur ce cours que repose la réussite de mon allaitement. La sage femme a dit que le lait était produit en direct pendant la tétée. Grâce à ces mots, je n’ai jamais douté d’avoir assez de lait pour mon bébé. J’ai intégré ces paroles une bonne fois pour toutes, et je ne me suis pas posé de questions, je n’ai pas guetté les montées de lait, je ne me suis pas demandé si mes seins étaient plus ou moins gonflés ou trop ou pas assez. Cette sage femme m’a vraiment fait un beau cadeau je crois ! Domitille, merci ! J’ai entendu tellement de femmes de mon entourage dire qu’elles avaient arrêté d’allaiter, avec regret, culpabilité etc., car elles n’avaient pas assez (voire pas du tout) de lait… Pour ne blesser personne, je ne m’étale pas sur le sujet. Quand on me demande si j’ai assez de lait, je réponds simplement oui. Et puis on passe à autre chose.

Forte de tous les bons conseils du cours, et toujours convaincue des bénéfices santé de l’allaitement, j’ai décidé de tenter le coup pendant les quatre ou six premières semaines… en me donnant le droit d’arrêter si c’était trop stressant, et si je jugeais que ce stress était nuisible pour le bébé et moi. Je savais que les débuts seraient durs et qu’il allait falloir s’accrocher. Mais je ne voulais pas non plus me pourrir la vie. Bref, j’espérais que je saurais mesurer le pour et le contre le moment venu et je gardais en tête que quatre ou six semaines d’allaitement, ce serait toujours ça de pris pour la santé du bébé.

On ne peut pas s’entraîner à allaiter avant d’accoucher. On ne peut même pas imaginer quelles sensations cela fera. C’est un peu frustrant, car on a du temps devant soi pendant la grossesse, et on peut le mettre à profit pour beaucoup de choses… mais pas pour nourrir son bébé, alors que c’est un point capital de sa petite vie ! J’ai lu une fois qu’on pouvait préparer ses mamelons en les massant. Ça me paraissait un peu ridicule, et la sage femme l’a confirmé. Du coup, je n’ai rien fait de plus pour me préparer à allaiter. Être sûre de son choix et de son corps, je crois que c’est la seule (et la meilleure) chose à faire.

Et vous, vous êtes/étiez dans quel état d’esprit sur le sujet pendant votre grossesse ?

Pour lire la suite, c’est par ici !

Publicités

10 commentaires sur « Récit d’un allaitement réussi »

  1. J’ai toujours voulu allaiter, c’était comme un besoin. l’argument du lait produit pendant la tétée m’a été utile aussi, mais ce qui m’a fait tenir c’est cette volonté que j’avais.
    Pour mon deuxième bébé, l’expérience, le corps déjà habitué (premier allaitement a duré 13 mois !) tout ça a rendu les choses faciles ! (je n’ai pas dit que je n’ai pas eu mal 😉

    J'aime

  2. J’ai toujours voulu allaiter, comme une revanche sur la vie qui n’a pas permis à ma mère de le faire (pour raisons médicales, elle). Et pour ma part, je ne savais pas que le lait se créer au fur et à mesure, mais aucun soucis de ce coté là, j’en avais même à revendre XD.
    Les début se sont fait sans trop de soucis, hormis le fait que c’était un gros téteur donc chronophage … par contre, le sevrage ayant été difficile, je n’ai pas pu continuer en mixte comme je l’aurais voulu après ses 6 mois.

    J'aime

      1. Parfois un peu sur le mixte et je trouve toujours que je n’ai pas assez de photos XD.
        Mais d’un autre coté, le sevrage a été libérateur, tant en temps dévolu à l’alimentation que en possibilité de le laisser sereinement que je ne regrette pas.
        A voir si j’allaiterais plus pour un suivant ^^.

        J'aime

  3. C’est bien cette confiance que tu avais 🙂 Moi je n’ai pas cessé de douter, je crois que les premières semaines, j’ai cru que j’allais arrêter tous les jours… et finalement, bon, ça fait presque un an et demi ! Comme quoi, des fois, c’est juste une question de… je sais pas, c’était même pas vraiment de la motivation, c’était juste une peur du biberon, je crois :p

    (je ne savais pas, je crois, que le lait se faisait au moment de la tétée… c’est vrai que ça doit aider à avoir confiance ! Après, parfois, il y a des bébés qui n’arrivent pas à téter efficacement,le manque de lait n’est donc pas impossible…)

    J'aime

    1. Moi non plus je ne savais pas trop au début combien de temps j’allais tenir… Tu as raison de rappeler que les bébés jouent aussi un rôle important dans la réussite de l’allaitement. Et d’ailleurs, quelque soit le talent du bébé, la mise en route de la lactation reste un défi dont je vais parler dans un prochain article !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s