Un p’tit coin de pas ravie

Hier, j’ai mis « au coin » l’Oursonne qui s’obstinait à jouer avec les boutons de la cuisinière. Je crois que c’est la troisième fois que je prends cette décision, toujours dans l’urgence. L’Oursonne n’en est pas ravie, et pour ma part je ne suis pas encore bien fixée sur ce que j’en pense…

Coin

L’autorité… Pfiou… C’est compliqué. Et il va bien falloir faire avec. Et se mettre d’accord à deux, pour faire simple. En l’occurrence avec le gros Ours, nous n’avons pas particulièrement échangé sur le sujet avant de devenir parents.Je me suis occupée de beaucoup d’enfants en étant tour à tour grande sœur, baby-sitter, animatrice en centre de loisirs. Je n’étais pas trop préoccupée par le sujet. Sauf que… je n’étais pas la mère de tous ces enfants, et aujourd’hui nous devons assumer, à deux, un rôle éducatif inédit et important. Nous n’avons pas des points de vue diamétralement opposés, mais ces derniers temps, plusieurs situations nous ont tout de même donné un peu de matière à réflexion.

Le point de départ encourageant, c’est que nous sommes en phase sur les limites que nous voulons fixer à notre fille. C’est très basique : on dit « non » si c’est dangereux (tripoter les boutons de la cuisinière, donc), vraiment trop sale (jouer avec la poubelle), ou vraiment trop gênant pour nous ou pour les gens (hurler dans un avion) (le saviez vous ? Nous sommes partis au Québec cet été) (bon en fait l’Oursonne a été très sage mais je m’étais préparée à vivre un enfer).

C’est sur la mise en œuvre concrète que ça se complique. Si je schématise il y a plusieurs façons d’exercer son autorité : prévenir (« on va monter dans l’avion, on va rester assises longtemps, on fera des jeux calmes, on lira des livres »), alerter (« NON, la poubelle, c’est sale »), sévir (… ce que j’ai fait ce matin). Personnellement je mise tout sur la phase de prévention. J’ai envie de faire confiance à ma fille. J’ai connu un tas d’enfants obéissants sur qui on ne criait pas. Et surtout, c’est dans cet exercice de l’autorité que je m’en sors le mieux pour appliquer les principes d’éducation bienveillante et positive qui me tiennent à cœur. Je n’apprendrai rien à celle qui ont déjà fait d’Isabelle Filliozat leur livre de chevet : une consigne positive est plus facile à comprendre qu’une consigne négative. C’est une découverte qui m’a marquée pendant ma grossesse. Ça m’a paru tellement évident !

Je fais donc attention à formuler les consignes ou les demandes de façon positive. Je m’applique à dire à ma fille de « laisser le portefeuille de Maman » plutôt que de « ne pas le toucher », ou de « marcher doucement au bord de la piscine » plutôt que de « ne pas courir ». Il y a des formulations que j’ai bien intégrées. D’autres moins, surtout quand le danger est trop proche, qu’il est trop urgent de dire NON. Le gros Ours, lui, ne se préoccupe pas franchement de ses tournures de phrase. Au contraire même, car c’est plutôt dans la phase d’alerte qu’il est le plus efficace. Il y vient plus vite que moi d’ailleurs. Question de patience ? Ou de rapport à l’autorité ? Mon mari, avec sa grosse voix, impressionne ma fille bien plus que moi. En phase d’intimidation, je rame déjà face à ma petite de 19 mois. Le gros Ours m’a déjà indiqué plusieurs fois qu’il ne me trouve pas assez autoritaire. Je dirais pour rectifier que je ne suis pas assez efficace. Je fais les gros yeux. Ma fille rit. Soit, cela doit ressembler à une grimace. J’élève la voix. Elle retente sa chance. Je ne pense pas qu’à son âge elle cherche à me provoquer. En revanche je crois qu’elle a déjà conscience de ce qu’elle veut faire, et refuse la frustration. Je comprends. Mais ça ne change rien à l’affaire : il faut que l’Oursonne apprenne qu’elle ne doit pas allumer les plaques électriques. Et je suis donc bien obligée de trouver des solutions.

J’ai botté en touche le plus longtemps possible. J’ai pris ma fille dans mes bras pour l’emporter loin des dangers. Chanter, jouer, montrer du doigt un objet lointain : quand je sens qu’on est dans l’impasse, je fais diversion. C’est une bonne solution à court terme, mais est-ce que c’est éducatif ? D’un autre côté, punir, est-ce que ça l’est ? Est-ce que j’apprends quelque chose à ma fille en la mettant au coin ? Voilà où j’en suis de mes réflexions… Et vous ? Vous avez déjà des idées bien arrêtées ? Ou des questions en suspens ?

 

 

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15 commentaires sur « Un p’tit coin de pas ravie »

  1. J’en suis au même stade que toi … quand je menace, il n’en tiens pratiquement pas compte et il suffit que son père fasse la grosse voix pour que ça file (un peu plus) doux … Et je me pose la même question que toi : est-ce parce que je suis plus patiente? Plus présente auprès de lui, donc moins impressionnante ?
    Pour l’instant, nous n’avons pas eu besoin d’avoir recours au coin, parfois une légère tape sur la main (oui, je sais, c’est pas bien) en cas de danger physique … bref, pour l’instant, y’a pas de ligne de conduite fixe …

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      1. Un petit peu, il est plutôt facile à vivre mais pas toujours prompte à faire ce qu’on lui demande… alors je me répète (un peu) beaucoup…
        Mais on va y arriver 😉

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  2. Ce n’est pas facile de faire preuve d’autorité. L’important c’est de te faire confiance et de trouver la méthode qui convient à ton oursonne et qui te convient à toi.
    Il y a des gens incapables de lever la voix et des enfants pas réceptifs pour deux sous au coin.
    Fais toi confiance et tout ira pour le mieux.

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  3. Mmmh ce n est pas facile… Ici le souci du moment c est que Pierre veut marcher mais aussi aller où il veut… Donc il peut rapidement se mettre en danger (traverser la route, essayer de descendre les escaliers seuls…).
    J essaie comme toi de jouer la prévention en premier mais ensuite si le danger est imminent ca tourne generalement aux cris beaucoup moins élaborés « NON MAIS JE T AI DIT DE NE PAS TRAVERSER » avec une conséquence immédiate : la poussette ou les bras. J essaie dans ces moment la de lui expliquer encore « je comprends tu aimerais traverser, tu es frustré, mais c est dangereux, les voitures peuvent te renverser » puis de le divertir avec autre chose (ce qui marche souvent assez bien)… Pour le moment j ai tendance à penser que ca fonctionne car par exemple depuis peu il n essaie plus pour les escaliers… Il s en approche, dit « non non non » et ne se lance pas. On y croit 😀 !

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  4. Hello!
    Je découvre ton blog avec joie, il ets super!
    Pour cette question, je me souviens qu’en tant que grande soeur je me l’étais posée (ma soeur à 13 ans de moins que mois). Ma belle mere avait fini par trouver une solution : dire d’aller dans la chambre ou au coin mais en réfléchissant à pourquoi cela est interdit/dangereux/trop sale peut être une solution et une fois qu’elle a une réponse à donner, de revenir et en discuter. Bon ok il y a probablement des limites à cela aussi mais c’est peut etre une piste!

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    1. Hello ! Bienvenue sur le blog Vanda ! La méthode de ta belle-mère me fait penser à Super Nanny 🙂 Je trouve ça pas mal, mais j’ai juste peur d’un truc, c’est que l’enfant pense que réfléchir est une punition. il faut que je me demande comment éviter ce raccourci… Mais je crois que j’ai un peu le temps de voir venir, car ma fille est encore jeune.

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  5. Pfiou, si tu trouves la solution miracle pour les boutons de la cuisinière… je suis preneuse ^^ Ici, petit chat comprends très bien le « non ». Très très bien. Tellement bien qu’après avoir enlevé sa main, c’est d’un air de défi, les yeux dans les yeux, qu’il retend la main vers les boutons tentateurs… Avant qu’un nouveau « non » ne le pousse à se jeter au sol, le visage dans les bras, en pleurant à chaudes larmes. Grosse tristesse, jusqu’à ce qu’il voit le ballon juste à côté, ou le chat qui passe… Bref, l’autorité, on y travaille, mais c’est loin d’être gagné encore ^^ La seule règle qu’on essaye de suivre, c’est d’être constant dans nos interdictions par exemple, et puis aussi choisir nos batailles ! Les boutons de la gazinière, c’est non, mais grimper seul dans les escaliers maintenant qu’il gère à fond, je suis plus souple. Une chose après l’autre on va dire 😉

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  6. J’ai été à peu près dans la même situation avec ma fille vers ses 18 mois (quelle âge à ton oursonne? je ne me souviens plus). C’était une phase vraiment difficile, où elle n’arrêtait pas de tester, j’ai essayé tant bien que mal de garder le cap bienveillant, son papa était plus agressif un peu comme chez toi, il m’a fait pas mal douter de cette façon de faire. Aujourd’hui (elle a 2 ans et demi) les choses sont vraiment beaucoup plus apaisées, bien sûr il y a encore des crises mais en te lisant je réalise qu’elle nous écoute tout de même pratiquement tout le temps. Donc garde le cap, c’est une phase, vraiment dure, mais ça va aller mieux. Comme on te l’as dit plus haut garde confiance en toi et en elle surtout, en ton mode de fonctionnement, en cet esprit bienveillant parceque oui ça marche. Et si pour ton mari c’est plus efficace en phase d’alerte tant mieux, vous êtes deux dans l’équipe et vous êtes complémentaire.

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