Le chaos des 100 premiers jours

En février, notre petite Ourse a passé le cap des 100 jours. Et ça se fête, croyez-moi ! Le « chaos des 100 premiers jours » est l’un des concepts les plus décomplexants que j’avais pu découvrir en devenant maman pour la première fois… et une définition assez honnête de cette période « post-partum » si particulière. Je vous raconte un peu ?

100 jours pas très organisés (le principe du chaos, quoi)

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En 100 jours, j’ai tricoté 1 fois.

 

Depuis la naissance de ma seconde fille en novembre, je n’ai pas réussi à mettre des mots sur notre quotidien. Je manquais de temps bien sûr, et puis les jours ne se ressemblaient pas vraiment. Dans tous les moments chaotiques, les 100 jours étaient ma petite pensée magique, l’horizon vers lequel on avançait, le moment où tout rentrerait dans l’ordre. Comme la première fois, j’ai fini par établir une journée type. Ce n’est pas un modèle à respecter à la lettre, mais j’avais besoin/envie de me donne des repères. Au final, nos journées suivent surtout le tempo de ma grande Ourse : réveil le matin, départ à la crèche,petite course en ville, retour à la maison ; puis re-départ à la crèche etc. Pour ma petite Ourse ces trajets réguliers donnent le coup d’envoi de la sieste du matin et celle de la fin de journée. J’ai le sentiment qu’elle dort bien plus en journée que sa sœur aînée au même âge, et la régularité de nos journées y a peut être contribué.

Sur la fin de journée, le « rush du soir » reste encore pour moi une grosse source de stress, même s’il y a des progrès récents. D’abord il y a l’épreuve super physique du retour de crèche avec deux enfants – on habite en haut d’une pente très raide, je sue sang et eau tous les soirs. Puis ce moment où il me faudrait six bras pour préparer le dîner et baigner les deux filles en même temps. J’ai fini par avancer l’heure du bain pour ne m’occuper du repas qu’ensuite. Puis il y a le repas, que j’ai très souvent mangé à une seule main les premières semaines pour apaiser ma petite Ourse en phase avec mon propre stress… Ça, ça s’améliore en ce moment, et de plus en plus souvent notre petite Ourse assiste au repas depuis son transat.

Et enfin le coucher. Alors là, c’est l’apothéose. Entre la grande trop excitée et la petite trop fatiguée, personne ne dort et je passe mes dernières heures éveillées à lire des histoires, bercer, allaiter, menacer… Rien de bien reposant. Peut-être que pour retrouver nos soirées, il faudra compter 200 jours ?

 

100 jours d’émotions fortes

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Les premiers jours, j’ai complètement plané. Déjà, j’étais très contente de rencontrer ma deuxième fille. Ensuite, la joie de ma grande Ourse qui a déboulé complètement hystérique à la maternité, était très très communicative. Et enfin, j’étais en forme ! On a eu peu de visite et je me remettais très bien de mon accouchement par voie basse, physiquement moins éprouvant et aussi tellement réparateur sur le plan psychologique après une césarienne.

Je n’ai pas trop ressenti la chute d’hormones. On est rentrés à la maison pile à ce moment-là, j’étais vraiment soulagée de retrouver des conditions confortables pour voir ma fille aînée. J’ai marqué le coup avec une bonne crise de larmes le lendemain du retour, je crois. On parlait avec le gros Ours des sentiments qu’on ressentait pour nos enfants, donc forcément… je ne pouvais pas garder les yeux secs 🙂 Le premier mois avec notre bébé a vraiment été très doux, c’était le chaos, certes, mais surtout un tourbillon de câlins. J’ai été très soutenue par mon mari qui gérait la plupart des aller-retours à la crèche, je passais donc mes journées à couver mon bébé. Et en plus, il faisait super beau (je suis très sensible à la météo).

C’est plus tard que ça s’est gâté. En décembre, la grande Ourse est tombée malade deux fois en l’espace de deux semaines. J’ai dû la garder à la maison pour la soigner et les journées ont été très longues, très désagréables. Je ne reconnaissais plus ma fille qui geignait à tout bout de champ – elle avait beaucoup de fièvre, la pauvre. Elle réclamait beaucoup d’attention. Le bébé aussi, évidemment. Et moi je ne rêvais que d’une chose : être seule sous une couette pour regarder la télé. A la fin de ces journées, je me sentais complètement découragée et surtout, je ne voulais pas que ça recommence… Avec mon mari, on s’est serré les coudes le soir. J’ai serré les dents la journée… et aujourd’hui c’est derrière nous.

100 jours pour se remettre en forme

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A J+11 ce reflet me donnait le sentiment d’être une bombe.

Dans ces jours qui suivent l’accouchement, la récupération physique tient une grande place et conditionne beaucoup de choses, surtout au début. Je ne saispas si c’est parce que c’était la deuxième fois, ou parce que je n’ai pas eu de césarienne cette fois-ci, – c’est probablement les deux à la fois -, mais j’ai plutôt bien vécu ce processus. La première fois j’avais trouvé ça long et douloureux, et surtout je ne m’y attendais pas du tout. Là, je savais à quoi m’attendre, et j’avais confiance dans le fait que ça n’allait pas durer. Cela m’a permis d’être moins impatiente. J’ai même eu l’impression que mon corps manifestait une forme d’intelligence, en retrouvant plus vite ses marques dans cette épreuve qu’il avait déjà traversé.

Je n’ai pas cherché à forcer les premières semaines, suivant le précepte de Bernadette de Gasquet : être plus souvent allongée que debout pendant les trois semaines qui suivent l’accouchement. J’ai donné la méga priorité au sommeil : coucher à 21h s’il le faut, sieste en journée… J’ai pris des compléments alimentaires pour l’allaitement. J’ai porté une ceinture belly bandit au début. Je ne sais pas si ça a joué sur autre chose que mon moral, mais c’est déjà pas mal (se voir sans gros ventre au bout de quelques jours, c’est vraiment grisant).

C’est déjà un peu flou dans mes souvenirs, j’ai l’impression d’avoir retrouvé la forme depuis longtemps. Parce que dans cette période chaque semaine, chaque jour compte et tout évolue très vite. Je viens de terminer la rééducation du périnée que j’ai suivie avec beaucoup plus de sérieux et de motivation que la première fois – il y avait plus de boulot, cette fois-ci… rendons à la césarienne ce qui est à la césarienne, elle a le mérite d’épargner cette zone. Je vais passer à la rééducation abdo maintenant. Mais comme la première fois, je sens qu’arriver au terme de ces rendez-vous chez la sage-femme, de la routine supplémentaire que ça apporte dans notre quotidien, c’est vraiment une page qui se tourne. J’y suis arrivée après la période noire de décembre, encore vulnérable avec mon périnée en carton (mes fuites urinaires qui me faisaient mourir de honte) et mon bébé qui pleurait au bout de 10 minutes de séance. Je suis ressortie de la dernière séance avec l’impression d’avoir repris le contrôle sur mon corps (j’ai des courbatures aux abdos, les gars ! ils sont toujours là, c’est bon !), une coupe de cheveux rafraîchie et un bébé qui joue 20 minutes seul dans son transat.

100 jours, plus faciles que la première fois ?

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Maman koala pour toujours 😉

Il y a quelques jours j’ai relu cet article, le tout premier posté sur le blog, quand ma grande Ourse avait 100 jours et quelques. Ça m’a fait replonger dans cette période à la fois oubliée et retrouvée ces derniers temps. Notre deuxième bébé a chamboulé notre vie, lui aussi. Ce serait l’objet d’un article à part entière, mais je vais faire bref pour cette fois. Ce que j’ai trouvé plus facile : prendre soin du bébé, se remettre physiquement, être heureux. J’ai aussi moins de complexes sur mes choix éducatifs. Je porte beaucoup mon bébé, je l’allaite à la demande : j’assume. La pédiatre me recommande d’éloigner les tétées pour arriver à 4 par 24h alors que ma fille a trois semaines : non merci, madame. Ce que j’ai trouvé plus dur : avoir deux enfants. Franchement, deux, c’est beaucoup, non ? Comment font les gens qui ont plus d’enfants que de bras ? Depuis que j’en ai deux, j’ai beaucoup, beaucoup plus d’admiration pour les parents de famille nombreuse !

Ce sera ma conclusion pour cette fois.

Si vous avez envie de découvrir les conseils d’une autre blogueuses sur cette période :

  • Hello Annouchka
  • Il y a malheureusement peu de témoignages sur cette période très intime, c’est vrai, et si étrange. Vous avez raconté votre « post-partum » sur votre blog, vous ? Dites-moi tout !
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17 commentaires sur “Le chaos des 100 premiers jours

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  1. Je connaissais pas cette théorie des 100 jours. Personnellement je l’avais nommé la merde des 3 premiers mois xD On respire mieux après !
    Je compatis mille fois pour la cote de retour de la crèche, ici j’ai aussi et trainé Lu au retour de l’école est déjà hyyyypeeer galère, alors deux enfants argh ! Heureusement pour toi la seconde est koala, la mienne a haï le portage toute sa petite enfance…

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    1. Chaos ou merde, c’est pareil 🙂 j’imagine même pas faire ce que je fais sans portage, j’ai tenté une fois les deux en poussette, mais ça devenait carrément du cross fit. En tout cas grâce à ton message je mesure ma chance d’avoir un bébé qui se laisse porter !!!

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  2. Ici aussi, nos 100 premiers jours ont été surtout baignés dans la douceur le premier mois et la douleur le second, surtout à cause d’un allaitement compliqué ! Par contre, côté physique, j’ai ressenti moins de différences que toi entre ma première période post partum et ma seconde. Et pour moi qui suis également très sensible au beau temps, avoir un bébé d’été et un bébé du printemps, c’était vraiment l’idéal ! 😉

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    1. Ah la la oui j’aurais bien aimé tester le bébé de printemps ! Pour la différence physique, l’accouchement physio a peut être joué plus encore que je ne l’imaginais…
      J’ai eu la chance d’avoir un allaitement facile cette fois-ci, mais je sais comme les difficultés sur ce sujet peuvent nous pourrir la vie… j’espère que ta douleur s’apaise avec le temps.

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  3. C’est un sujet vraiment intéressant, que je n’ai jamais abordé car j’ai créé mon blog alors que mes filles commençaient à être « grandes » (en tout cas plus bébés) et que c’est finalement plus des ressentis que l’on a « à chaud », et qu’on a tendance à vite oublier par la suite. J’ai des souvenirs forts de ces périodes, pour mes deux filles, mais finalement ils sont lissés par le temps et j’en garde je crois le meilleur, en occultant parfois le reste, sans doute…Reste que ce sont vraiment des moments précieux, qu’on est très chanceuses de vivre, même dans les moments délicats.

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  4. Ces 100 premiers jours, qu’est ce que je les appréhende avec bébé 2! Bon je n’y suis pas encore mais j’aime bien lire des articles sur cette période! Je ne me fixe pas d’objectif pour cette période, juste de garder un petit rythme et de ne pas oublier ma première… Affaire à suivre quand la nature sera de notre côté 😉

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  5. Ah ah si ça n’avais duré que 100 jours!!
    Je me souviens plus très bien, mais il me semble que le premier mois a été très difficile, après ça a été un peu mieux et à partir du 5-6 ème mois, tout s’est dégradé (enfin surtout le sommeil, mais quand on ne dort pas, on est drôlement moins relaxe la journée)
    Effectivement, je te rejoins quand tu dis que c’est une période dont on entend peu parler, je pense que ça joue sur la difficulté aussi et puis on est tellement peu soutenu, nous maman (et parents) que ça n’aide pas non plus.
    Ce coup-ci sur la liste de naissance de bébé 2, est apparu heure de garde et plates maisons que je trouve bien plus utile que doudou ou mobile au final 🙂

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    1. Ah oui, les coups de main sont précieux sur cette période (et après) !
      Bon bien sûr le tourbillon c’est au-delà de 100 jours, mais sur cette période c’est quand même super dense et ça évolue tellement… en tout cas savoir que tout serait différent après 100 jours m’a beaucoup aidé à garder le cap 🙂

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  6. Hello très belle article. A l’époque j’avais aussi écrit un article non pas perso mais avec quelques conseils qu’on peut lire encore par ici : https://mamandanslevent.com/2015/02/04/100-premiers-jours-avec-bebe-comment-passer-le-cap/.
    Et comme toi je trouve que ces 100 jours constituent un cap que j’ai commenté dans une vidéo que tu peux encore voir par ici https://www.laurencepernoud.com/videos/katie-blogueuse-maman-dans-vent-raconte-ses-premiers-mois-avec-bebe.html
    Bon continuation avec tes deux anges

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  7. Tu m’as rappelé de récents souvenirs avec ton article ! Surtout physiques, cette sensation d’avoir mal de partout, et en même temps une énergie dingue… Avec mon premier j’avais appelé cela le tunnel des trois premiers mois à cause de cette sensation de ne pas sortir la tête de l’eau. Avec le second, c’était beaucoup moins dur, il n’a pas eu de coliques, en tout cas il pleurait moins…

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    1. Ah désolée, j’espère que ce ne sont pas des souvenirs trop désagréables, tout de même !
      Moi aussi j’ai le sentiment que ma deuxième pleure moins… mon hypothèse pour l’expliquer c’est que j’anticipe davantage (beaucoup de portage entre autres), en me mettant moins la pression sur l’autonomie ou le rythme qu’elle devrait avoir.

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