Faut-il raconter son accouchement ?

L’accouchement c’est super intime et en même temps c’est une expérience commune… est-ce un sujet tabou pour vous ? Auriez-vous voulu entendre plus de récits d’accouchement avant d’arriver en salle de naissance ? Que racontez-vous aux nullipares de votre entourage ? Je me pose personnellement toutes ces questions et j’avais envie de partager avec vous mes réflexions…

Mon expérience personnelle : une vraie boulimie de récits d’accouchement…

J’ai toujours voulu avoir des enfants. Je savais donc que je devrais accoucher (eh oui car j’ai toujours été perspicace également) et j’ai commencé à me renseigner de façon assez détaillée plusieurs années avant ma première grossesse. J’imagine qu’on est tous différents sur ce point, mais moi je voulais savoir le plus de choses possible ! J’ai lu des récits d’accouchement sur internet, j’ai regardé un nombre considérable d’émissions des Maternelles et surtout j’ai vu, revu, rerevu les épisodes de Baby boom et tous les reportages que je pouvais trouver. Pendant ma première grossesse j’ai approfondi mes connaissances avec des lectures, et j’ai suivi des cours de préparation à l’accouchement. Quand je suis entrée en salle de naissance, je me sentais confiante, bien informée et prête (et j’avais la trouille aussi, hein). Finalement rien ne s’est vraiment passé comme je l’avais imaginé – surtout la fin !

Un accouchement en vrai, ce n’est pas de la théorie : j’avais tout à découvrir ! « Un centimètre par heure » : c’est vite dit comme ça, mais derrière ce discours, il y a une vraie heure à vivre, avec des sensations (par exemple là tout de suite je repense à cette heure que j’ai passée sur un ballon avec des aiguilles un peu partout même sur le petit doigt de pied), des échanges, des sudokus, des interventions médicales… ou même rien du tout ! Chacun fait l’expérience d’un accouchement unique.

Après mon premier accouchement, j’ai continué de chercher des récits d’accouchements, surtout ceux qui finissaient bien. J’avais besoin de vérifier que c’était possible, que plein de femmes y arrivaient. J’ai été encore plus loin dans mes lectures, en cherchant sur internet des mémoires de sage femme sur les taux de réussite des accouchements déclenchés par ballonnet. Encore une fois, cela a participé à ma préparation pour la naissance de mon bébé.

Raconter mon accouchement : une envie contrebalancée par une certaine forme de pudeur

Alors que j’étais très reconnaissante de lire tous ces témoignages, je n’ai pas raconté mes accouchements sur le blog. J’avais besoin d’en parler, surtout du premier, surtout les premiers mois. J’ai trouvé une oreille attentive chez les sage femmes, et aussi chez mes copines déjà mamans. J’ai compris à ce moment là qu’elles avaient gardé des choses pour elles. Qu’elles m’avaient protégée mais que les barrières étaient tombées.

D’ailleurs j’ai fait comme elles. Je fais le récit de mon accouchement, de vive voix, à tous ceux qui veulent savoir. Et encore. Je fais un peu le tri dans les informations selon la personne à qui je m’adresse. J’ai tendances à rester vague avec les jeunes, et à entrer dans les détails soit avec les copines déjà mamans soit avec celles qui sont enceintes et qui veulent se préparer. Et encore. Elles, j’ai envie de les épargner encore un petit peu. Elles ont le droit de rêver encore un peu en se caressant le ventre. Elles ont le droit d’imaginer que tout se passera bien. Après tout, ce sera peut-être bien le cas. Alors…

Une prise de conscience sur notre responsabilité d’informer

Alors, je commence à me dire que j’ai tort. Surtout depuis que j’ai écouté récemment deux podcasts très réussis sur ce sujet grave :

l’épisode 6 de « Un podcast à soi »

l’épisode bonus du 22 mars de « La Poudre »

Le message que j’ai entendu, c’est que la parole doit se libérer pour tout le monde si on veut vraiment réduire les violences obstétricales. Si on veut que chacune sache si ce qu’elle vit est normal ou pas, cela implique que notre expérience, bonne ou mauvaise, doit être partagée. Libre à chacune de choisir comment, bien sûr…

Alors voilà où j’en suis dans mes réflexions. Il me reste pas mal de questions à trancher : raconter mes accouchements sur le blog ? Parler d’épisiotomie avec mes petites sœurs ? Dire à mes copines enceintes ce que j’ai ressenti pendant la césarienne ? Dénoncer le médecin qui m’a recousue « très serrée » ? Remercier les sage-femmes pour leur bienveillance et leur communication ouverte ? À quel moment toutes ces petites choses privées peuvent-elles devenir utiles aux autres ?

D’autres que moi ont déjà sauté le pas. Si vous souhaitez consulter des récits, je vous recommande d’écouter le podcast Bliss stories ou d’aller lire les articles de mes blogueuses chouchoutes :

⁃ les deux accouchements de die Franzoesin, tout en délicatesse et en émotions ici et ici

⁃ Le récit sans tabou mais bourré d’humour du deuxième accouchement de Miss Lune

Et vous, qu’en pensez-vous ???

ÉDIT de juin 2018 : j’ai raconté mes deux accouchements ! C’est l’épisode 7 du podcast Bliss stories, cliquez ici pour l’écouter !

31 commentaires sur “Faut-il raconter son accouchement ?

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  1. Je m’étais vraiment pas posée la question de si je devais en parler ou non quand j’ai raconté le mien sur mon blog (en plus j’ai été chiante, je l’ai fait en 3 parties pour pas que ce soit trop long à lire !!).
    C’était d’abord pour en garder le souvenir vivant pour moi et ensuite pour un peu extérioriser le traumatisme je pense ! Même si physiquement il ne m’a pas demandé beaucoup (sur le moment), mentalement la soirée avait été dure. Et même si je suis prête à le refaire une seconde fois plutôt que l’inconnu d’une voie basse qui me fait toujours flipper 😛

    Après je me dis que si on veut pas savoir, on peut sauter la lecture des articles !! Libre à chacun de se renseigner ou pas… Si mes amies me demandent je leur donne la version in extenso car c’est dans ma nature (quand on se pseudo-mise Ragnagna, les tabous c’est pas trop le sujet 😆 ) mais elles peuvent m’arrêter si c’est trop cru pour elle, j’irai pas leur crier dans l’oreille !

    Mais jamais je n’irais aseptiser mon récit pour ne pas faire peur ou cacher des secrets que pour les mamans ou aspirantes-mamans !! En disant cependant que chaque accouchement est différent et est vécu différemment et que le mien est juste l’histoire entre Lucie, le Chti et moi…

    PS : pour le docteur qui a fait le point du mari, j’avoue que j’aimerai savoir surtout si c’est là où je vais aller aussi dans quelques mois 🙄

    PPS: ahaha je suis vile, j’avais oublié mais j’avais aussi demandé au Chti de raconter l’accouchement pour avoir sa version pour Lucie plus tard ♥ J’avais dû lui mettre le couteau sous la gorge quasi 😆

    PPS : je te mets les liens si tu veux pour t’éviter de chercher mais te sens pas obligé du tout de lire !

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    1. Ah mais c’est parfait pour les liens car dans ceux que j’ai mis il n’y a pas de césarienne !
      Je comprends très bien ton point de vue, et c’est vrai qu’on a besoin de parler pour soi dans un premier temps… avant que ça ne serve aux autres.
      Merci pour ton commentaire très complet et complémentaire. Mp pour les infos « locales » 😉

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      1. Ah vi c’est vrai la césa est pas hyper documentée sur le web, j’avais pas lu grand chose dessus avant de passer au bistouri… D’ailleurs mon témoignage avait aidé une maman qui y est passé aussi peu de temps après moi, elle était mieux préparer. J’étais contente que ça lui ait servi !!

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  2. Comme toi, j’étais une boulimique de récit d’accouchement avant BB1. Depuis, je lis seulement ceux dont je suis la blogueuse ou parce que je fais une recherche précise (genre accouchement voie basse après césarienne). Mais je suis aussi beaucoup moins boulimique.
    Pour Tess, j’ai eu une césarienne et j’avoue que sur le coup, je ne l’ai pas bien vécu. J’ai d’abord écrit le récit pour moi et je l’ai gardé dans un coin de mon ordinateur. Et puis j’ai eu envie d’en parler sur le blog ici https://madamebobette.wordpress.com/2017/05/19/le-recit-de-mon-accouchement-1/ (pour la première partie, la suite est dans l’artcle suivant). Ca m’a fait du bien de le partager car finalement avec le recul j’ai eu beaucoup de chance dans ma césarienne et je voulais rassurer d’autres personnes sur son déroulé. Je ne sais pas si j’ai atteint mon but mais je ne regrette pas de l’avoir fait.

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  3. C’est drôle, avant d’accoucher moi-même, les récits d’accouchement me barbaient un peu. J’en avais lu quelques uns par ci par là, notamment pour voir différents types d’accouchement (par voie basse ou par césarienne, avec ou sans instruments), mais les récits de mes connaissances ne m’intéressaient pas du tout ( #mauvaiseamie), peut-être parce que j’avais bien intégré que ça ne se passait jamais comme on l’avait imaginé (et en effet, je n’aurais pas imaginé mon accouchement comme il s’est déroulé!). Et pourtant, après avoir accouché, j’ai ressenti le besoin d’en parler, comme un moyen de faire une catharsis…
    Mais SURTOUT, je ne m’attendais pas du tout à la partie suites de couches (les miennes ont été assez rudes). Et j’en ai voulu aux gens : pourquoi personne ne m’avait prévenue?
    Mais en fait, je me suis rendue compte que je fais la même chose : j’en parle à mes amies qui ont déjà eu un enfant…et je ne les racontes pas à mes amies nullipares ou enceintes. Pour ne pas leur faire peur. Alors qu’au fond, j’aurais vraiment aimé être prévenue que tout cela pouvait arriver… Bref, même paradoxe que toi!

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    1. J’ai hésité à parler aussi des suites de couches dans l’article, je n’aurais pas dit mieux que toi, on est tout à fait raccord ! Maintenant qu’on est lucides sur le paradoxe, on fait quoi ? Toi tu prévois de changer de discours ?

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      1. Mon accouchement est encore assez récent (janvier de cette année!), j’ai peu de recul…Mais pour les suites de couches, l’attitude d’une de mes amies m’avait beaucoup aidée : dès son message de félicitations, elle m’avait dit quel savait que c’était un bouleversement au niveau du corps, et qu’il ne fallait pas que j’hésite à lui poser n’importe quelle question, même les moins glamour… je ne m’en suis pas privée et son soutien m’a vraiment fait du bien. C’est plutôt un bon compromis : ne pas faire peur (après tout, la fille en face sera peut-être plus chanceuse que moi!), mais proposer son soutien dès l’accouchement (« oui c’est normal d’avoir peur de faire caca après une épisiotomie! »). Pas glamour du tout. Mais vrai!

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  4. J’accouche en Aout pour la 1ère fois. J’y vais doucement sur ce genre d’article. Je garde en tête que chacune est différente, chaque accouchement est différent et le mien se passera comme il se passera.

    J’essaie de ne pas l’idéaliser ni de me projeter dedans

    Pour moi, c’est un moment qui appartient au couple. mais c’est vrai que maintenant que j’ai mon blog, j’aurai du mal à ne pas en parler. Ce sera sans doute un récit dans les grande ligne … A voir

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    1. C’est sûr que tout ce que tu pourras lire ne te permettra jamais de savoir à l’avance comment se passera ton accouchement. Alors je comprends ta retenue. C’est intéressant de voir qu’elle existe des deux côtés…
      Profite bien de ta grossesse !

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  5. Très intéressantes tes questions, je me les suis également posés, mais je n’ai pas trouvé de réponse. En fait, j’adapte mon discours à la personne en face de moi, en fonction de ses réactions. D’un coté, je ne veux pas cacher les choses, mais d’un autre, si je sens que la personne n’est pas prête à entendre, je ne vais pas plus loin, car il est fort possible que ça se passe différemment pour elle.
    J’avais raconté mon accouchement sur Dans ma tribu car c’était un accouchement en siège par voie basse et après terme, ce qui reste rare. L’objectif était surtout de dire : Mais c’est possible !!
    Nous ne sommes pas obligées d’accepter la césarienne si on ne le souhaite pas !
    Et puis au final, ce que j’ai le plus difficilement vécu, ce sont les suites de couches, car on en parle beaucoup moins. Bon et aussi parce que je suis mal tombé et toujours un peu en colère.
    Mais c’est quelque chose que je peux expliquer quand on me demande pourquoi je n’accouche pas dans la maternité à côté de chez moi. Mais cela reste assez peu compris quand même, notamment par celle qui n’ont encore jamais accouché. En même temps, on nous laisse tellement passif que ce n’est pas surprenant.
    Merci pour cet article en tout cas 🙂

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  6. Ah je comprends ces questions qui me touchent d’autant en ce moment 🙂 — j’ai évoqué sur mon blog un peu mon accouchement mais surtout ses conditions (ma césarienne pas super bien vécue), article « la cicatrice ma cicatrice », pour exorciser aussi… N’ayant aucune copine qui l’a vécu….J’aime beaucoup lire ou entendre des témoignages de mamans, en ce moment sans peri (pour murir mon projet) et d’AVAC…, mais aussi les autres (accouchements longs, rapides, à la maison…en étant un peu jalouse quand ça se passe « super bien ». Je m’interroge sur mon ressenti, suis-je normale? Trop sensible? Je ne saurai jamais…bref. Et bizarrement, pas sure de vouloir partager mon accouchement sur mon blog, paradoxalement…en tout cas surtout pas apres mes récentes découvertes (sinon ce sera en privé).

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    1. Moi aussi les accouchements plus « réussis » que les miens me rendent jalouses, mais ils m’apportent en même temps beaucoup d’espoir.
      Je me dis que pour toutes celles qui comme toi et moi cherchent des témoignages d’AVAC, ce serait sympa d’ajouter ma pierre à l’édifice…

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  7. Ps: dans le même genre, j’avais raconté ma fausse couche sur le blog car au moment où je l’ai vécu j’ai trouvé peu de témoignages et ceux que j’ai lu m’ont beaucoup aidée. Et pareil ça m’a aidée à prendre de la distance.

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  8. Moi je ne voulais rien savoir avant d’accoucher ! Et je crois que j’ai bien fait, les récits m’auraient sans doute effrayée. J’y suis allée confiante dans l’équipe médicale et l’issue. En revanche, depuis, je suis devenue fan, je les lis tous, sans doute parce que j’aime retrouver un peu de l’émotion que j’ai ressentie. Et quoiqu’il en soit on peut l’écrire : libre aux autres de lire ou pas. En tout cas merci de m’avoir citée j’avais presque oublié le premier article et ça m’a fait plaisir de le relire !

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  9. Le problème dans le fait de raconter (à ses proches ou par le blog), c’est que tant qu’on n’a pas fait l’expérience de qqch, on a dû mal à vraiment comprendre. Cela dit j’aurais aimé qu’on me dise certaines choses…comprendre les suites de couche, la cesa, les difficultés de l’allaitement…

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  10. Je me demande si il n’y a pas un article sur ses interrogations sur « dans ma tribu » 😉
    Personnellement, j’aime beaucoup lire les récits d’accouchement, particulièrement ceux de blogueuses que je suis, surtout parce que comme le dit Die Franzoesin pour revivre les émotions de mes propres accouchements 😊
    J’ai écrit les miens sur le blog, aussi pour en garder une trace, et j’adore les raconter, paradoxalement plutôt aux primipares, peut-être pour contre-balancer certains récits, nécessaires mais flippants 😊

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  11. Je pense qu’il est bon de raconter ses accouchements mais avec un certain recul. J’ai clamé pendant des mois que mon premier accouchement c’était bien passé car mes bébés et moi allions bien d’un point de vue obstétrical. Mais au final cet accouchement avait participé à ma dépression du post partum. Inversement mon second accouchement sur le coup était magnifique mais à la réflexion il était plus en demi-teinte.

    Les récits des vrais accouchements sont clairement à moduler selon la personne a qui on s’adresse. Mais c’est LA source d’info pour moi la plus importante.

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  12. C’est une excellente question que tu poses. Pour moi cela reste de l’intime concernant mon histoire perso et je n’ai pas forcément envie de partager le récit sur mon blog, même s’il existe (j’en ai fait un pour chaque accouchement).
    A la place, j’ai choisi de parler des principaux tabous de l’accouchement dans un article long certes, mais qui essaie justement d’aider les mamans trop curieuses à se préparer…
    il y a tellement d’idées reçues et de non dit sur le sujet… et puis chaque accouchement est unique, son vécu aussi, alors on ne peut être exhaustif sur le sujet
    Merci pour cet article

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