La nuit, je mens…

Tout d’abord, veuillez prendre note que par mesure de prudence – et aussi un peu par superstition – cet article est entièrement chuchoté. Chuuuuut ! Bon. Allez, ça fait un peu plus d’une semaine, on peut le dire, maintenant : notre petite Ourse fait ses nuits !

La nuit je mens, je m’en lave les mains

Surtout, ne le répétez pas à ma pédiatre, elle croit que la petite fait ses nuits depuis des mois. Ha ha.

Je mentais déjà un petit peu pour mon aînée, par omission (j’en avais parlé à l’époque ici). Mais là, avec ma deuxième, j’ai passé un cap, je mens effrontément. J’ai toute confiance en ce docteur pour soigner les maladies, faire les vaccins. Mais sur le sommeil, je voulais qu’elle me fiche la paix. J’ai tout de suite compris qu’on n’allait pas se comprendre sur ces questions : quand elle m’a conseillé à la première visite, pour mon bébé de 3 semaines, de pratiquer un allaitement « à la demande mais guidé ». Afin que notre fille fasse ses nuits à deux mois. Le gros Ours était très emballé par cette proposition. J’étais sceptique, mais optimiste : la grande Ourse avait fait ses nuits à huit mois et je mettais ça, en partie, sur le compte de mes atermoiements et de nos erreurs de parents débutants. Maintenant que nous étions des parents expérimentés, nous allions sûrement régler plus efficacement et plus rapidement ces histoires de sommeil…

Tes pensées, je les faisais miennes

J’ai très mal vécu les huit mois de nuits hachées avec ma fille aînée.

Je vivais les réveils imposés comme une torture. Je n’arrivais pas à me décider sur la conduite à tenir – « ferberiser » ou pas, choisir son camp entre Laurence Pernoud et Edwige Antier… je m’étais bien documentée mais ça ne m’avait pas beaucoup avancée ! Nous n’arrivions pas du tout à nous mettre d’accord, le gros Ours et moi. Et je me mettais une grosse pression sur ce sujet, ce qui a eu pour seule résultat de me rendre très honteuse de ne pas « réussir » à faire dormir mon enfant. J’avais écrit un article sur ce sujet, et ça me fait mal au cœur de le relire. Tout cela est derrière nous, heureusement.

Les quatorze mois sans nuits complètes avec ma cadette ont été très différents.

Pour commencer, j’ai fait dès le début le choix de répondre à tous ses besoins, même la nuit. Je me suis économisée en pratiquant le cododo (chuuut ma pédiatre ne le sait pas non plus) et en allaitant allongée sans me réveiller complètement. Je ne me suis pas préoccupée de ce que pouvaient penser les autres gens, j’ai évité le sujet au maximum (c’est plus facile avec un deuxième ; globalement, sur un peu tous les sujets on m’a posé moins de questions, on m’a donné moins de conseils). Et j’ai imposé ma ligne de conduite au gros Ours sans lui demander son avis ni lui raconter ce qui se passait la nuit pendant qu’il dormait à poings fermés. Je ne vous raconte pas ça pour dire que c’est la meilleure solution, pas du tout. C’est seulement celle que j’ai choisie. Je l’ai regretté parfois, j’ai passé des nuits et des soirées bien foirées. J’ai voulu avoir confiance, mais au fond j’ai quand même eu peur de ne pas voir le bout du tunnel. Je trouvais un peu de réconfort savoir que je n’étais pas la seule à avoir fait ce choix, en allant lire de temps en temps le blog de Happy Chantilly que j’aime beaucoup.

Dans les bottes des montagnes de questions

J’ai quand même fini par flancher, à la fin du printemps.

Je ne pouvais pas m’empêcher de comparer ma petite Ourse à sa grande sœur, et je voyais approcher l’échéance des huit mois. J’ai fait des plans étape par étape (méthode Elizabeth Pantley !) pour sevrer mon bébé la nuit. Mais finalement, je lâchais vite, ce n’était jamais le bon moment. Puis je revenais au point de départ quelques semaines plus tard. Au-delà de mon propre manque de sommeil, ce qui m’inquiétait surtout, c’était ma relation fusionnelle avec mon bébé (je l’ai évoquée ici) que je n’arrivais pas bien à faire évoluer, ni le jour ni la nuit. Alors que j’étais toujours impatiente de voir évoluer ma fille aînée, je suis toujours un peu à la bourre pour changer de regard sur mon deuxième bébé qui grandit !

Malheureusement pour celles qui me lisent en cherchant peut-être des réponses ou des astuces, je n’ai pas de conseils à vous donner.

Ma petite Ourse fait désormais ses nuits, et ce n’est pas pour une raison en particulier. C’est à la fois parce que c’est de son âge, parce que notre relation a évolué avec ma reprise du travail, en même temps qu’elle a aussi passé plus de temps avec son père. C’est peut-être parce que les vacances l’ont reposée ou apaisée, ou parce qu’elle était contente de retrouver sa chambre après une semaine loin de ses repères. C’est peut-être parce qu’elle n’a pas de dents qui poussent en ce moment. Parce qu’elle mange mieux le soir, ou que son rythme s’est légèrement décalé. Et si c’était grâce à l’oreiller que j’ai mis dans son lit ? Ou simplement à un alignement des étoiles ? Et puis, est-ce que ça va durer ? Rien n’est définitif avant je ne sais plus quel âge (je ne veux pas savoir, ne me dites rien !!!).

Des kilomètres de vie en rose…

Depuis quelques jours, je suis souvent de bonne humeur.

Quand je fais le bilan de 2018, ou des plans pour 2019, j’éprouve beaucoup de gratitude, j’ai plein d’idées. Alors soit je suis en train de découvrir ce que signifie « vivre les plus belles années de sa vie », soit je redécouvre la vie AVEC sommeil (par habitude, j’avais écrit « sans »)… Sans doute un peu les deux.

…Où subsiste encore ton écho

Les premières nuits, je me suis beaucoup réveillée.

La reprise des nuits complètes est progressive pour moi 😉 Le soir, je me sens un peu déboussolée de retrouver du temps libre – ça va vite s’arranger, je ne suis pas inquiète : j’ai déjà vécu ça et tout s’est bien passé !

Bonne(s) nuit(s) !

20 commentaires sur “La nuit, je mens…

Ajouter un commentaire

  1. Ah les nuits, quelle source d’angoisses et de questionnements infinies … ici, on a eu les deux « modèles » : en premier, le bébé qui ne dort pas (et qui d’ailleurs ne dort toujours pas beaucoup à 4 ans 😅) et celui qui dort à deux mois 🤔 (si si, ça existe)
    Pour FeuFolet, le sevrage nocturne s’est fait vers 5/6 mois, mon critère ayant été qu’il arrivait à se passer de la tété nocturne deux fois sur trois … bon, il n’a pas beaucoup mieux dormi, hein.
    Et pour LutinCoquin… et ben dit toi que j’ai culpabilisé, oui, oui, je me suis demandé ce que j’avais raté pour qu’il n’ai pas besoin de moi la nuit, si c’est que son frère prenait trop de place, etc. 😓
    Et pour n°3, maintenant, on appréhende 😆, quel numéro allons nous tirer à la loterie des bébés (avantage du troisième, tu SAIS que c’est de la loterie 😉)

    J'aime

    1. Décidément, quoiqu’il arrive, on arrive toujours à se dire qu’on a fait quelque chose de travers ! J’ai l’impression de me voir 🙂 Pour n°3, je te souhaite qu’il soit pile au milieu ! Et tu nous diras si tu trouves une nouvelle raison créative de culpabiliser quand même :)))

      Aimé par 1 personne

  2. Hum je crois que tu as fait un lapsus révélateur quand tu évoques ta soudaine bonne humeur : tu voulais dire que tu redécouvrais les nuits avec sommeil, et non sans, non ? 😅

    J'aime

  3. Merci pour cet article sincère et qui montre aussi l’envers du décor de la maternité. Je redoute aussi ce genre de situation notamment car je souhaite allaiter bébé et que ça me semble compliqué la nuit … mais j’ai décidé tout comme toi de faire aussi selon comme je le sens et de ne pas toujours dire la vérité aux autres (bien pensants) !
    Je te souhaite de belles nuits de sommeil à venir !

    J'aime

    1. J’espère que ça ne te décourage pas ! Personnellement, je me suis facilité la vie pour allaiter la nuit, grâce au cododo et en allaitant allongée – je n’y arrivais pas les 2-3 premières semaines avec mon aînée, mais une fois que l’allaitement a été bien en place la journée je n’ai plus eu de problème avec cette position et ça m’a bien aidée !

      J'aime

  4. Je me retrouve beaucoup dans ton récit, sauf que moi j’ai décidé de m’en laver les mains dès le premier marmot. A la fameuse question si fréquemment posée (je parle bien entendu du fameux « fait-il ses nuits ? » ou de sa variante « il dort bien? ») je répond inlassablement que oui. Et puis je ne mens pas complètement, oui il fait ses nuits, dans mon lit… Mais à moment il faut revoir ses priorités et ses principes, et moi, ma priorité c’est de dormir, on verra bien pour le reste plus tard !

    J'aime

  5. Je crois qu’il n’y a pas de règles absolues…ma 1ere a fait ses nuits a 2 mois, la 2eme a mis 2 ans et demi…et je ne sais toujours pas pourquoi ni pourquoi ça a fini par s’améliorer!

    J'aime

  6. Ma fille a 14 mois et se réveille encore la nuit. Et j’ai aussi menti au médecin, mais je me suis trahi au dernier rdv car c’était une période difficile (beaucoup de réveils et difficile de la rendormir) mais j’ai seulement parlé de 1 ou 2 réveils au lieu des 4 à 6… et j’ai un peu regretté vu qu’on m’a conseillé de lui refuser les tétées la nuit, de ne pas la prendre dans les bras, ce que je refuse de faire. Depuis, j’arrive à la (re)coucher réveillée après une tétée, et nous sommes revenus à 1 ou 2 par nuit donc ça me va. Je sens que ça vient, c’est plus long que pour mon ainée (que j’allaitais tout pareillement) mais je le vis, sauf quand on me dit qu’il faut la forcer, que je vais m’épuiser, etc.
    Merci pour ton témoignage, c’est toujours bon de voir que d’autres sont dans le même cas et que ça va, les enfants et les parents vont bien. 😀

    J'aime

    1. Et moi ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à censurer les récits de mes nuits devant le pédiatre. peut-être qu’on devrait tous se mettre à dire la vérité en fait, ça pourrait nous rendre service… en tout cas merci d’avoir laissé un message, et bon courage !

      J'aime

  7. Je ne savais pas que ca a avait été si compliqué pour toi pour la première, je découvre tes articles. Pourtant il me semblait te lire depuis le début je ne comprends pas ? Bref. Pour moi c’est le deuxième qui est compliqué. J’ai trouvé ça normal pendant un an, mais depuis ma reprise du travail et les mois passants (il en aura 18 ce mois-ci) je dois dire que parfois, je perds espoir… Il dort dans notre chambre, on tente de répondre à tous ses besoins (biberon, câlin) mais il se réveille encore et toujours… J’envisage d’acheter « dormir sans larmes », un livre sans méthode mais qui explique le rythme des bébés, pourquoi ça peut être complique jusqu’à trois ans au moins… Ça me rassurera juste de savoir que c’est normal et qu’il suffit de prendre mon mal en patience. La nouveauté de janvier, c’est que me mon mari assure désormais deux nuits par semaine pendant que je fais une nuit complète dans le salon. Charles l’accepte enfin (longtemps il ne voulait que moi) et ça me fait beaucoup de bien.

    J'aime

    1. Eh si, c’était dur avec ma grande… et pourtant ça a duré moins longtemps ! Un sommeil paisible sans larmes (c’est bien ce livre dont tu parles ?) est de la fameuse Elizabeth Pantley que je cite. C’est une lecture que j’ai beaucoup apprécié, beaucoup d’idées, très déculpabilisant… je te le recommande sans hésiter. Ici aussi, on a mis du temps à faire accepter le papa, la nuit et le jour d’ailleurs… en tout cas ça me rassure de voir que d’autres mamans vivent aussi le manque de sommeil silencieusement et patiemment (dans la mesure du possible). Courage !

      J'aime

  8. Mon dieu si tu savais comme je te comprends.
    Le sommeil ça aura été notre casse tête pendant presque un an et demi (et comme elle a 19 mois, on est d’accord que je prends des pincettes).
    A la mater c’était super, des que j’ai commencé l’emmaillotement on a eu des supers nuits. Et puis j’ai repris le boulot et là tout a commencé à merder. Il y a eu la varicelle puis les dents (première dent n’est apparue finalement qu’un an après), la toux, les petites maladies. Vers ses 12 mois, on en a eu marre et on a laissé pleurer et ça a fonctionné on a été tranquille tout l’été. Et puis vers 14 mois quand elle a su marché c’est allé mieux pour mieux rechuter quand les premiers dents sont vraiment sorti. Et qu’elle nous a refait une mega angoisse de la séparation. Et puis il y a eu ce moment où elle a commencé a dire qu’elle faisait caca et qu’elle se réveillait toujours à la même heure. Ma maman m’a conseillé de supprimer le biberon. Et miracle depuis ça va de nouveau mieux (sauf l’otite de la semaine dernière).

    J'aime

    1. Bah dis donc, c’est carrément une épopée ! Mais ça ne m’étonne pas, le sommeil des petits est tellement fragile… comme tu le racontes, il y a souvent des épisodes qui expliquent que les nuits soient perturbées. Mais dès qu’un problème se résout, un autre se dessine… J’espère pour vous que ça va aller vraiment mieux maintenant :))

      Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :