Quitter Paris : mon bilan après deux ans

Déjà deux ans que nous avons quitté la capitale ! Entre ma grossesse et mon congé parental, ces mois sont passés vite, mais m’ont aussi donné l’occasion de bien m’installer dans notre nouveau quotidien. Et si on faisait un petit bilan à deux ans sur ce gros changement de vie ? Vivre en banlieue avec des enfants, ça change quoi ?

En 2017, nous avons démarré l’année avec plein de nouveautés : nouveau travail pour le gros Ours, nouvel appartement, nouvelle ville, nouvelle crèche pour notre fille aînée… et nouvelle grossesse pour moi ! Comme je l’ai raconté dans cet article à l’époque, on se sentait prêts pour tous ces changements. Quitter paris, c’était un vrai cap à franchir pour nous ! Quand j’étais jeune, je disais : une autre ville, d’accord, mais la banlieue, jamais !

Bref, les années passant, la banlieue est devenue une option envisageable. On commençait à bien en percevoir l’intérêt, mais on ne pouvait pas totalement s’empêcher d’avoir peur de le regretter par la suite. En deux ans, on a pu confronter ce qu’on avait imaginé avec la réalité. Voici ce que ça donne pour l’essentiel :

On voulait… devenir propriétaires

Entre un petit appartement à Paris et un trois pièces plus spacieux en banlieue, pour nous, le choix était vite fait. Notre recherche d’appartement m’a fait replonger dans mes cours de géo de Terminale, j’ai pris toute la mesure du concept de gentrification. On s’est retrouvés boulés au-delà de la petite couronne avec les autres Double Income One Kid or Two.

Tant qu’à perdre du terrain par rapport à la capitale, on a même accepté un quatrième étage sans ascenseur pour quelques mètres carré supplémentaires 🙂 Et on y a pris nos aises. L’espace, c’est un luxe, mais on s’y habitue très vite ! D’après mon mari, on pourrait sans problème trouver des idées pour aménager deux ou trois pièces en plus… Une salle de Lego, une salle de vélo, c’est pas les projets qui manquent ! Quant à notre fille aînée se déplace en courant dans l’appartement, elle y fait même du trotteur à l’occasion.

On voulait… une vie plus adaptée à notre petite fille

Même si c’est le besoin de se rapprocher du travail du gros Ours qui a précipité notre départ, la qualité de vie de notre fille était notre plus grosse motivation pour aller en banlieue. Et sur ce point, je dois reconnaître que le bilan dépasse toutes mes espérances. Pour commencer, la grande Ourse va dans une toute petite école : dans cette petite structure, tout le monde apprend vite à se connaître. Elle est très protégée, sa rentrée s’est super bien passée. Elle fait désormais des journées complètes mais avec peu d’enfants, et on la récupère plutôt en forme… je suis convaincue que la taille de l’école, le petit effectif d’enfants y est pour beaucoup ! Et puis, en vrac : on va aux bébés nageurs le samedi matin et il y a rarement plus de 5 enfants dans le bassin ; on profite des animations de la ville, il y a plein de choses pour les petits et on se sent « concernés », alors qu’à Paris on se sentait noyés… Pendant mon congé, j’ai tout fait à pied avec les filles, il y a beaucoup de sentiers piétons, c’est super sécurisant pour une jeune maman qui gère deux enfants. On profite aussi de la proximité de la forêt, on fait des balades et on saute dans les flaques de boue à cinq minutes de chez nous, descente d’escalier compris.

Attention, je ne dis pas qu’on ne peut pas élever un enfant à Paris. Je me souviens toujours à ce sujet de l’épisode de Friends où Monica et Chandler expliquent à Rachel et Ross que vraiment, ils n’ont pas envie d’élever un enfant à New York… avant de se rendre compte que le sujet n’était pas très bien amené.

Élever un enfant à Paris, je l’ai fait, et je l’aurais fait plus longtemps sans l’opportunité professionnelle de mon mari. Mais j’avais l’impression de faire les choses plus en force, de manquer de confort (j’ai détesté prendre la poussette dans le métro par exemple, ou me sentir « coincée » dans un square bondé).

On pensait… avoir déjà fait une croix sur la vie parisienne

C’est sûr qu’avec notre bébé, on avait déjà réduit considérablement le rythme des sorties… En déménageant, on a pris tous les deux des chemins opposés. Le gros Ours a à peine remis les pieds dans la capitale en deux ans. J’ai continué à travailler à Paris. Puis pendant mon congé maternité et mon congé parental, j’ai fait des excursions régulières, avec ou sans enfant. Je reste très attachée à cette ville, j’ai envie que mes filles la connaissent, qu’elles découvrent les monuments, les musées, qu’on ne se coupe pas de la vie culturelle parisienne. Car même si notre ville fait beaucoup d’efforts,… on ne peut pas vraiment comparer. Donc quand j’ai un projet de sortie avec les enfants, je me retrouve forcément à les trimballer longtemps (si vous habitez près de la Villette et que vous envisagez de partir dans l’Ouest, réfléchissez bien !). Mais on va dire que le voyage fait partie de l’aventure 🙂

Pour ce qui est de la vie parisienne nocturne, alors là… c’est le néant, ou presque : deux sorties en 2018 ? Allez, trois si on compte la fois où j’ai déposé mon mari chez mon frère pour qu’ils échangent des images Panini gardent ma fille aînée pendant que je suis allée en terrasse avec ma belle-sœur pour tenter d’avoir une discussion malgré les hurlements de la petite Ourse que nous bercions à tour de rôle dans sa poussette (coefficient de détente : au top !). Entre la fatigue, les trajets à rallonge juste pour un verre, et un bébé-velcro que je n’arrivais pas à confier, je ne me suis pas donné toutes les chances pour des sorties réussies, c’est certain ! J’ai encore un tout petit espoir de voir cette situation évoluer.

On avait peur… d’être isolés, loin de nos copains et de notre famille

On a réussi à garder un rythme qui nous convient bien pour voir les gens de notre famille. Ma maman vient presque aussi régulièrement qu’avant, et pendant mon congé j’étais bien contente de pouvoir passer une journée dans la semaine avec un autre adulte !

Pour les amis, c’est plus compliqué ! On multiplie les invitations, mais tous n’ont pas toujours les moyens ni l’envie de venir jusqu’à nous, et on n’a pas de mal à se mettre à leur place. Il ne nous reste plus qu’à nous lier à tous les autres jeunes parents qui sont sur place. Ils ont, en théorie, beaucoup de points communs avec nous : ils ont des enfants et ils vivent en banlieue. Mais on ne devient pas amis avec des inconnus du jour au lendemain, alors on s’arme de patience…

On avait peur des trajets pour le travail

Plus d’inquiétude pour ça, j’ai changé de boulot. C’est radical : j’ai déjà totalement oublié ce que ça fait de prendre le métro le nez collé sur une porte vitrée tous les matins 🙂

Et vous, alors ? Vous avez quitté la grande ville ? Ou toujours fui ? Dites-moi tout !

30 réflexions au sujet de « Quitter Paris : mon bilan après deux ans »

  1. Merci pour ton partage intéressant !
    J’ai grandi en petite couronne et je disais « jamaiiiiis je ne quitterai Pariiis »
    Puis j’ai fait mes études en province « jamaiiiiis je ne retourne vivre à Paris ».
    Aujourd’hui les choses ont fait que je vis en Banlieu et travaille à Paris et je ne rêve que d’une chose, partir ! Quitter l’Ile de France. 😉

    J'aime

  2. Intéressant ton article. Pour ma part, j’ai quitté la région parisienne pour vivre à Lyon il y a sept ans et demi pour suivre mon mari et j’ai pu voir la grosse différence au niveau qualité de vie. Déjà au niveau des transports, autant à Paris je mettais 45 minutes voir 1H de trajet pour aller au boulot autant à Lyon je mets moins de 30 minutes pour aller de chez moi au travail, sans parler que les transports lyonnais sont plus propres que ceux de Paris (bon ok le métro lyonnais n’a que 40 ans par rapport à celui de Paris qui est centenaire!). Je l’ai aussi vu au niveau du logement, autant en région parisienne c’est compliqué pour avoir un appartement avec des mètres carrés convenables en payant une blinde, autant à Lyon on peut avoir un logement assez grand pour une famille à un prix raisonnable. Pour le reste, hormis certains événements comme des concerts ou des musées voir certaines boutiques, la vie à Lyon et à Paris me semble très similaire. Après ça reste mon avis personnel car bon je suis passé de la vie en plein Paris à un logement en très proche banlieue parisienne pour ensuite venir vivre à Lyon, avec toujours le métro /bus et tramway à proximité donc mon expérience n’est pas des plus spectaculaire.

    J'aime

  3. Hum … est-ce que le chef-lieu de la Réunion compte comme une grande ville ? 🤔 Sinon, je n’ai jamais habité dans de « grandes villes », le plus souvent dans des villes moyennes 🤗
    J’avais donc négocié pour rester dans ce genre de ville avec le Breton (d’autant plus que lui a toujours vécu dans une « grande ville moyenne »), et puis l’appel de la « campagne » et j’avoue qu’on a trouvé notre équilibre avec un bourg dynamique aux commerces accessibles à pieds, des structures scolaires jusqu’au collège (tant pis pour le lycée, le cinéma et la librairie 😢), mais une qualité de vie indéniable 🤗
    Comme tu dit, on prend vite l’habitude d’avoir ses aises et j’avoue qu’en ce moment, vu le temps, je suis contente que les enfants aient autant d’espaces pour courir et se défouler DANS la maison 😉

    J'aime

      1. La baby gym finit samedi prochain, j’essaye de lancer l’opération de lobby bébé nageur dans ta ville !!! Mon mari est hyper réticent mais ma fille a tellement envie !!! Et Erwan serait bien dans l’eau !! 🤞

        J'aime

      2. Haha c’est que j’en ai fait une bonne pub alors 🙂 nous on va sûrement refaire une année, mais peut-être seulement avec notre deuxième, car la grande Ourse est tentée de commencer l’activité cirque, et c’est le samedi matin aussi !

        J'aime

  4. Très intéressant, j’ai fait comme toi. J’ai adoré vivre en célibataire dans Paris intra-muros, dans des quartiers sympas, et j’ai pleuré quand il a fallu passer de l’autre côté du périphérique, un peu au delà de la petite couronne. Mais je ne le regrette vraiment pas. Je n’imaginerais plus désormais de vivre dans Paris avec des enfants. Je ne supporte plus cette foule, cette saleté, cet entassement dans les squares et dans des logements exigus. Maintenant j’y vais avec plaisir, en touriste, uniquement pour y passer des moments agréables, et ça me va tout à fait ! J’habite au calme, avec une surface satisfaisante, tout à portée de main, un choix plus restreint d’activités mais qui me permet de mieux en profiter.

    J'aime

  5. Super article, je comprends bien tes motivations, même si j’ai fait… tout l’inverse ! On s’est entassé dans 32m2 à 3, puis à 4, le temps de pouvoir acheter, et après avoir visité des tas d’appartements en proche banlieue, j’ai pris conscience que je n’étais pas prête à quitter Paris ! Il faut dire qu’on n’a pas le permis, et qu’on adore passer notre vie au musée. On a un appart beaucoup plus petit que le votre, mais qui nous nous paraît immense, c’est pratique pour le boulot, on peut sortir en métro en « célibataire » quand ça nous chante, et on reçoit beaucoup les copains à dîner. Mais on a surtout fait ce choix parce que tous nos parents étaient parisiens, et qu’on a beaucoup d’aide pour les enfants en restant proche ! Et j’avoue que j’avais très mal vécu petite notre déménagement en proche banlieue, et j’ai d’ailleurs tout fait pour retourner à Paris le plus vite possible. Mais je vous envie d’avoir la forêt à 2 pas, c’est sûr que les buttes chaumonts, c’est moins l’aventure !

    J'aime

    1. Moi aussi, je comprends bien tes choix. Mais manifestement j’ai été bien moins traumatisée par le déménagement en proche banlieue, et j’ai reproduit le schéma de mes parents sans trop d’atermoiements 🙂
      Revenez quand vous voulez dans la forêt !

      J'aime

  6. Il est intéressant ton témoignage ! Moi j’ai vécu dans de grandes villes pendant longtemps (Lille, Édimbourg… Ok, c’est pas Paris hein). Maintenant je suis dans une petite ville où je peux tout faire à pied et où la nature est proche. Je ne te cache pas que je n’ai pas fait un ciné depuis une éternité. Un musée, de temps en temps, mais c’est très rare. Mais avec deux enfants, de toutes façons, je pense qu’on ralentit la cadence. Parfois la grande ville me manque. Mais on ne peut pas tout avoir (le prix des loyers par exemple, comme tu le dis).

    J'aime

  7. Il y a des avantages et inconvénients ! La vie est plus tranquille lorsqu’on s’éloigne c’est certain ! Le plus gros inconvénient est surement d’avoir ses amis loin et devoir s’organiser pour se voir, il y a moins de place pour l’imprévu. Comme tu l’as souligné, il faut penser au bien-être des enfants et là on est au top !

    J'aime

  8. Bonjour, c’est la première fois que je lis votre blog, je m’appelle Marine. Alors pour répondre à votre question, nous habitions Levallois, avant Lille, avant Melbourne et Nantes et nous sommes de La Baule et cause grossesse surprise lorsque nous vivions à Levallois, gros stress à l’annonce de cette grosse surprise, la première question que nous nous sommes posées « on ne peut pas rester ici avec un enfant, on fait quoi, on va où ? » et puis le lendemain hasard total, une entreprise suisse propose un job à mon mari, il refuse, le soir il rentre et il m’en parle vaguement. Paniqué encore, je lui dit « On essaye, on y va. Si cela nous plaît pas, on part ailleurs ». Résultats 5 ans après : nous vivons du côté français à la frontière Suisse, nous avons 3 enfants, une grande maison face au Mt Blanc, 10min de la première station de ski, Genève pour les musées, 1h30 de Lyon, 1h30 de Grenoble, 30min d’Annecy. Un cadre de vie idyllique et pour rien au monde ne retournerions à Paris… Ou juste en week-end 😊

    J'aime

  9. Bon alors moi j’ai grandi dans une petite ville de campagne alors je t’avoue que Paris n’a jamais été dans mon cœur. J’y suis rarement allée mais à chaque fois je m’y suis sentie mal (alors que de l’autre côté j’aime bien Londres). Du coup, quand mon compagnon a passé un concours et qu’on attendait avec appréhension les affectations, on croisait les doigts, ‘tout sauf Parsi’, oui même la creuse. XD
    Du coup mes enfants ont passé un petit peu de temps à Satrasbourg. Ce qui reste une ‘grande’ ville avec une bonne dynamique et tout à portée de main (et l’Allemagne à côté, argument non négligeable quand tu dois acheter des couches qui sont nettement moins chères là bas). Par contre il a finalement été muté dans une ville du nord ouest, qui malgré sa grande taille nous déçois beaucoup sur certains points (entre autre l’impossibilité de trouver un médecin, ici les gens vont à Paris pour voir l’ophtalmo…)

    J'aime

Répondre à Ragnagna Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s