Jalousie(s) dans la fratrie

Lorsque nous attendions notre deuxième bébé, nous nous sommes inquiétés de la façon dont notre fille aînée allait accueillir sa sœur. Nous nous sommes préparés à des crises de jalousie. Aujourd’hui, nous commençons à y être confrontés… mais c’est notre cadette qui est jalouse !

Trouver sa place d’aînée

Préparer notre fille à l’arrivée de sa petite sœur nous a pas mal préoccupés pendant la grossesse.

Sans faire de psychologie de comptoir, je pense que nous étions d’autant plus sensibles sur ce sujet que le gros Ours est fils unique, et que je suis moi-même l’aînée d’une fratrie. Mon expérience personnelle a finalement contribué à me rendre optimiste : du plus loin qu’il m’en souvienne, j’ai toujours partagé mes parents, et loin d’en être traumatisée, je vis au contraire comme une chance d’avoir grandi entourée de frère et sœurs. Même si j’appréhendais la réaction de ma fille, j’ai toujours eu la conviction qu’avoir un frère ou une sœur serait une chance pour elle aussi.

A-t-elle été jalouse, finalement ?

Sa vie a changé, c’est certain. Elle n’a jamais manifesté d’agressivité à l’égard de sa petite sœur, et s’est montrée dès les premiers jours câline, attentionnée, intéressée – elle était même carrément extatique lors de sa première visite à la maternité, et ça nous a beaucoup marqués, le gros Ours et moi. Indirectement, en revanche, on a bien senti les secousses de cette nouvelle donne familiale et/ou du terrible two : pas évident de faire le tri dans ces cas-là entre les frustrations liées à l’âge ou au changement qui se prépare… Il y a eu des crises de colère, et surtout des semaines de fiasco au moment du coucher. Les dernières semaines avant la naissance, surtout, ont été assez épiques, et on a retrouvé un peu de calme juste après. Je crois qu’on avait tous imaginé des choses, et le premier week-end à la maison tous les quatre a permis à tout le monde de constater qu’en fait, tout allait très bien se passer.

Renoncer à un amour exclusif

Focalisés sur notre petite fille, nous étions un peu passés à côté de ce que nous allions ressentir, nous.

Comme nous étions déjà parents, nous ne pensions pas qu’accueillir notre deuxième enfant allait être un bouleversement. On était concentrés sur d’autres choses : rencontrer ce nouveau bébé, accorder du temps et de l’attention à deux enfants à la fois. Et puis globalement, on était à l’aise dans nos rôles, et très heureux. Mais malgré tout, devenir parent de deux enfants n’a été ni évident, ni anodin. J’ai vécu pour cette naissance une chute d’hormones beaucoup plus light qu’après mon premier accouchement, mais j’ai flanché juste après le retour à la maison, sur ce sujet. J’étais en train de faire le deuil d’une relation exclusive avec ma fille unique, et ça me frappait tout à coup. Ça a été un coup de blues brutal, mais rapide. Avec une année de recul aujourd’hui, je me rends compte qu’à ce moment-là, j’ai aussi été obligée d’accepter que ma grande Ourse n’était plus un bébé, que c’était irréversible et qu’avec ou sans petite sœur, notre relation évoluait et évoluerait encore.

La jalousie : une affaire de position… ou d’âge ?

Depuis quelques mois, c’est la petite Ourse qui exprime sa jalousie

Elle repousse sa sœur et son père s’ils s’approchent de moi ! J’ai été un peu déconcertée par ces crises de possessivité : elle est née avec la contrainte de partager ses parents et n’a pas connu d’exclusivité… Oui, mais… être jalouse est de son âge. Et puis, je dois reconnaître que même si elle n’a pas été enfant unique, nous avons eu une relation très exclusive. Je lui ai beaucoup donné : mon temps, mon corps. J’ai pris un congé parental plus long, j’ai été plus patiente la nuit, moins pressée de retrouver ma vie sociale, ma ligne – contrairement à la première fois, j’avais confiance, je savais d’expérience que tout cela allait terminer un jour. Je suis sa maman, parfois son doudou (elle me griffe parfois le cou et me pince les bras comme elle tripoterait une étiquette dépassant d’une peluche), c’est un sacrifice que j’ai consenti, plus profondément, en devenant maman une deuxième fois.

On fait quoi, maintenant ?

Est-ce que les conseils qu’on donne pour les aînés s’appliquent pour les cadets ?

J’ai trouvé quelques conseils. Rien de révolutionnaire, l’idée de départ est toujours de réussir à signifier à son enfant qu’il a sa place dans le cœur de ses parents, dans la famille, quelque soit son « numéro ».
  • Du temps en tête à tête : passer des moments privilégiés seul(e) avec votre enfant (lire une histoire le soir avant le coucher, aller faire une course avec lui…).
  • De la com’ : favoriser l’expression verbale et créative (dessin…) de l’enfant afin de lui permettre d’exprimer ses sentiments. Exprimer soi-même l’affection qu’on a pour chacun. Personnellement, je ne me prive pas non plus de parler à mes filles de mon expérience de sœur au sein d’une famille nombreuse.
  • Du temps en famille : faire partager aux frères et sœurs les moments de soin ou de jeux ; leur permettre de se rapprocher et de sentir le rôle qu’ils jouent l’un pour l’autre.

Je dois avouer que ça ne fait pas de mal de reprendre cette liste pour l’appliquer à son petit.

On a été super vigilants sur le temps passé avec notre grande Ourse, mais on a beaucoup tardé par exemple à lire un livre en tête à tête avec notre petite Ourse. Maintenant qu’elle a plus d’un an, je pense qu’on est tous mûrs pour envisager les choses différemment : arrêter de « gérer la petite pour profiter de la grande », de voir toujours bébé et un enfant. On va pouvoir considérer désormais qu’on a deux enfants, tout simplement.

Et chez vous, ça se passe comment ? Jalousie ? Pas de jalousie ?

6 réflexions au sujet de « Jalousie(s) dans la fratrie »

  1. De memoire, ma num1 n’a jamais été jalouse de ses frères et sœurs. Je pense que sont absolue confiance en nous et notre amour (ainsi que son caractère très indépendant) lui ont permis de vivre chaque arrivée sereinement.
    Num2 est une névrosée de l’abandon, donc on a eu une réaction inverse à la naissance de num3 (elle avait déjà 5 ans), même si elle a toujours été très protectrice envers sa petite sœur.
    Num3 est une lionne avec num4, c’est tout juste si on peut l’approcher, mais ca ne l’empeche pas de combiner le terrible two et le syndrome de la sangsue (elle hurle si je m’éloigne d’un mètre).
    Bref, chaque âge et chaque personnalité donne des résultats différents, auxquels il faut tenter de répondre (ce qui n’est pas toujours simple). Mais c’est le lot de toutes les fratries non 🙂 ?

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  2. Rien de bien flagrant chez nous pour l’instant… il y a bien eu quelques paroles de Cracotte que je n’ai pas laissé passer. Nous en avons immédiatement discuté. J’essaie aussi de mettre en place des moments privilégiés pendant les vacances scolaires. Je reste vigilante quoi. C’est aussi un sujet qui me préoccupe pas mal…

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  3. Et ben, comme chez toi, est-ce parce qu’il était plus jeune, parce que je m’attendais à de la jalousie (il perdait sa place d’enfant unique et de « Bébé »), que j’étais plus patiente? Mais finalement, FeuFolet a bien vécu la naissance de son petit frère. 🤗
    Je ne crois pas que LutinCoquin ai montré de la jalousie dans sa deuxième année, ils avaient chacun un espace personnel de décompression (un à l’école et un chez la nounou) avec du temps juste avec moi …😉
    Mais purée, cette année, on prend cher 😣, terrible two, boulversement scolaire, arrivée imminente du petit frère (et une maman fatiguée donc moins présente/patiente), mais LutinCoquin semble montrer des signes de jalousie, il tape son frère, réclame l’exclusivité de certains jouets ou temps avec moi 😥 (alors, en plus, qu’il a déjà plus de temps seul avec moi que FeuFolet mais c’est vrai qu’avec ma fatigue, ce ne sont pas vraiment des temps de qualité 😓)

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  4. Comme MamWeena, je douille avec le terrible 2-3-4…ça fait un an qu’en ca dure….le positif c’est qu’il ne s’en est jamais pris à sa sœur, il l’a adorée depuis sa naissance et ils ont une complicité dingue! Bon, par contre avec le partage des jouets ça commence à devenir compliqué. C’est marrant je pensais justement et depuis un moment et encore cette nuit à un article sur ce sujet! 🙂 — merci pour ces conseils!

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  5. Mais c’est les bisounours chez toi!
    Chez nous c’est Dallas, rivalités et alliances qui changent en permanence. Mon ainé a été bouleversé de la naissance de son petit frère, s’en est suivi une régression qui me laissait donc seule avec deux bébés, l’horreur. De son côté, le petit n’était pas en reste, et la place sur mes genoux a été souvent l’objet de tous les conflits. Si je fais un câlin au père, le petit vient s’immiscer bruyamment au milieu. Quant à mon compagnon justement, je crois bien qu’il envie ses fils d’avoir toute mon attention.
    Et moi? Moi je jalouse les femmes célibataires sans enfant XD

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  6. Chez nous, la jalousie de l’aîné est apparue quand la cadette a commencé à s’affirmer et à imposer son avis. Perdre le monopole de la décision dans le jeu lui a beaucoup coûté. Aujourd’hui, ils ont 7,5 ans et 5 ans (presque), jouent beaucoup ensemble et se disputent aussi, l’argument suprême étant « il/elle ment ». On l’entend souvent.
    La plus petite (2,5 ans) est jalouse si les deux grands s’approchent trop près de moi, je suis clairement SA maman. Sinon, le partage des jouets n’est pas trop un problème. On essaie de leur inculquer que ce sont les jouets des enfants de la famille, même si le jouet a été offert à un enfant en particulier et ils l’acceptent plutôt bien.
    Le plus dur, je trouve, c’est de répondre aux demandes simultanées des enfants. Dans mes bonnes résolutions pour 2019, je veux passer chaque mois un moment privilégié avec un seul enfant.

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